Le verger conservatoire de Saint-Dégan
L’histoire du verger conservatoire de Saint-Dégan, près d’Auray en Bretagne, est une aventure humaine et végétale qui débute dans les années 1990. A l’origine, un constat douloureux et pourtant réel : les espèces et variétés de fruitiers du Pays d’Auray sont de plus en plus menacées.
L’urbanisation croissante, la difficulté à reconnaître les variétés cultivées, les dégâts climatiques ou encore la négligence dans l’entretien des vergers particuliers, voire leur abandon sont autant de facteurs qui conduisent à l’appauvrissement du patrimoine végétal breton.
La Société d’Horticulture du Pays d’Auray s’associe alors à l’Ecomusée de Saint-Dégan et s’engage dans un projet ambitieux mais ô combien utile : constituer un inventaire des espèces fruitières et transmettre son savoir.
Le Conseil Général fait l’acquisition d’un terrain sur la commune de Brech, qui surplombe la vallée du Loch et les travaux commencent en 1995. L’accent est mis notamment sur la nécessité d’identifier les espèces locales, de récupérer des greffons et de tenir à jour un inventaire exhaustif.
Sur les six hectares dévolus au projet, 1,5 hectare est laissé en espace naturel, terrain d’étude de la flore locale. Poiriers, cerisiers, pruniers, noyers viennent accompagner les pommiers. Pas moins de 330 arbres ont ainsi été plantés, dont près de 200 variétés recensées de pommiers. La pomme à cidre est particulièrement représentée.
Loin de se contenter de n’être qu’une vitrine, le verger conservatoire offre à chacun le loisir de venir à la (re)découverte de tout un savoir faire originel. Ainsi, des cours sont dispensés tout au long de l’année : taille, greffe, conseils de culture, identification des variétés …
15 ans de soins et d’attention qui permettent aujourd’hui de qualifier le projet de réussite. La récolte 2010 est à la hauteur des espérances, une année à fruits, comme la qualifie le spécialiste de la SPHA.
Saint Dégan peut s’enorgueillir de redonner vie à son patrimoine végétal mais aussi rural grâce à son Ecomusée qui propose, lui, de redécouvrir le quotidien des paysans bretons, au travers des traditions, coutumes et habitats anciens.
Article rédigé par Isabelle DEFAY
