Le Traité des arbres fruitiers de Duhamel du Monceau
Au siècle des Lumières, alors que les grands scientifiques de ce monde ont à cœur de rassembler leur savoir afin de pouvoir le transmettre, Diderot et d’Alembert donnent le jour à la fameuse Encyclopédie.
C’est dans ce même esprit de l’époque que Duhamel du Monceau publie, quant à lui, un nombre impressionnant de traités aux sujets aussi divers que larges tels les éléments de l’architecture navale, les pêches maritimes et fluviatiles, la physique des arbres ou encore l’Art du Serrurier ou enfin les Moyens de conserver la santé aux équipages des vaisseaux, avec la manière de purifier l’air des salles des hôpitaux, et une courte description de l’hôpital Saint-Louis …
Ce touche-à-tout, originaire du Gâtinais, que son père destinait à une carrière de droit, révèle très tôt sa passion pour la botanique qui lui ouvre notamment les portes de l’Académie des Sciences. On lui doit entre autre un traité des arbres fruitiers, en 1768, un des traités les plus complets sur le sujet au XVIIIe siècle. Il y fait la description des fruits comestibles, qu’ils soient d’ailleurs contrairement à ce qu’indique son intitulé des arbres ou non puisqu’on y retrouve les fraisiers et groseilliers par exemple. C’est ainsi que naît la science des fruits comestibles, appelée Pomologie en hommage à la Déesse Pomone.
Mais c’est surtout la réédition posthume à partir de 1800 de cet ouvrage qui le portera à la postérité. En effet, l’éditeur fait appel à deux aquarellistes renommés Poiteau et Turpin. Ils fournissent plus de 400 planches originales, réalisées sur du vélin et ces lithographies en couleur donneront une dimension toute particulière à l’œuvre. La précision et la finesse de leurs dessins semblent poser les fruits à portée de main du lecteur.
Les 5 volumes comprenant les 421 aquarelles originales qui ont servi de modèle à l’édition de 1807 ont été vendues à l’hiver 2006 et les enchères ont atteint la somme de près de 3,5 millions d’euros.
Publié par Isabelle DEFAY
