Les AMAP

Il est 18h30, la semaine de travail est enfin terminée et je passe chercher mon panier. Surprise, cette fois-ci, parmi les haricots verts et les courgettes, je découvre les topinambours. Les topinambours ??? Bigre !
Ouf, heureusement, Paul est là pour m’expliquer comment préparer, cuisiner et apprécier ce légume oublié. Après tout qui mieux que lui pour me conseiller, puisque c’est lui qui les a cultivés ….

Scène utopique ? Non, et même de plus en plus répandue grâce au réseau florissant des AMAP, les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.

La Campagne des PommesAu début des années 2000, les crises alimentaires successives, les questions récurrentes de sécurité sanitaire, le refus de la standardisation ou du calibrage excessif des fruits et légumes, l’émergence du bio et une prise de conscience éco-citoyenne ont amené un premier groupe à suivre des exemples nord-américains et japonais et à créer la première AMAP.

Le fonctionnement en est simple.

Un producteur signe un contrat avec un ensemble de consommateurs qui s’engagent à lui prépayer sa récolte sur une saison. Les adhérents à l’association se retrouvent donc dans un local proche de leur lieu de vie ou de travail et prennent chaque semaine possession d’un panier dont la quantité et le prix ont été fixés pour la saison entière. Ce panier est composé de légumes, fruits, œufs, volaille, viande, fromages, lait, jus de fruits frais …en fonction des contrats signés avec les producteurs locaux.

Pour le consommateur, comme pour le producteur, les avantages sont multiples. La fraîcheur des produits est garantie par une récolte le jour de la distribution, le mode de production est connu (les visites à la ferme sont les bienvenues), le prix du panier est fixé et ne subit ni hausse, ni baisse. Les saisons sont respectées, des variétés anciennes sont remises au goût du jour, le savoir-faire est préservé, toute la production est valorisée, sans calibrage. Les consommateurs sont solidaires du producteur, dans le surplus de récolte dont ils peuvent bénéficier mais aussi dans les aléas de production qui peuvent se présenter. Le transport et les frais d’emballage sont réduits au maximum.

Mais surtout, les AMAP permettent de privilégier une relation directe de producteur à consommateur. Ce que les japonaises des années 50 appelaient Teikkei : « le visage du fermier sur la nourriture ».

S’engager en tant que citoyen responsable dans une AMAP, ce n’est pas pour avoir de bons produits moins chers … C’est s’engager pour permettre aux producteurs locaux de pouvoir vivre décemment de leurs récoltes tout en bénéficiant de produits sains, variés, de qualité, parfois méconnus, à redécouvrir.

Loin d’être une gageure de bobo citadin épris de bio-attitude, les AMAP connaissent un succès grandissant et répondent à ce souhait de partage de valeurs et d’engagement.

Pour connaître vous aussi l’AMAP la plus proche de vous :

http://alliancepec.free.fr/Webamap/

Publié par Isabelle Defay